Dans le cadre d’une sortie proposée conjointement par Volubilis, réseau euro-méditerranéen pour les paysages, et Les Ratepenades, association spécialisée dans l’étude et la protection des chauves-souris, nous sommes partis à la découverte de deux composantes intimement liées à nos paysages méditerranéens : les murs en pierre sèche et la biodiversité qu’ils abritent, les petits mammifères incroyables que sont les chauves souris et la manière dont ils vivent.
La première partie, essentiellement menée par Volubilis, nous a conduits à nous intéresser au rôle qu’exercent les murs de pierre sèche dans le paysage, à leurs techniques de construction notamment à travers la topographie.



Nous savions déjà que ces murs présentent un fruit, c’est-à-dire une légère inclinaison vers l’intérieur, ce qui contribue à leur stabilité mais Christophe Lenfant et Sébastien Giorgis nous ont rappelé combien leur implantation répond également à une véritable logique hydraulique. La fondation des murs et le tracé des terrasses sont généralement implantés selon une très légère pente longitudinale, de l’ordre de 1 %, permettant à l’eau de poursuivre son cheminement plutôt que de se concentrer à la base du mur et de stagner. Ces ouvrages constituent ainsi de véritables infrastructures paysagères : ils participent à l’infiltration et l’écoulement des eaux de ruissellement, recueillent les suintements et régissent le fonctionnement hydraulique de nombre de nos paysages méditerranéens.
Leur rôle ne s’arrête évidemment pas là : les interstices entre les pierres constituent autant de refuges pour une multitude d’espèces. Escargots, lézards, insectes, parfois serpents… s’abritent au sein des cavités qu’offre la pierre sèche. Elle leur offre des conditions favorables pour se protéger, se reproduire ou simplement trouver un peu de fraîcheur.
Puis, à la tombée de la nuit, Fanny Albalat de l’association Les Ratepenades nous a fait découvrir l’incroyable diversité des chauves-souris à travers leurs espèces, leurs régimes alimentaires, leurs modes de vie, leur répartition géographique ainsi que leurs différences de taille et d’envergure… Nous avons notamment appris que, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les chauves-souris ne recherchent pas particulièrement les murs de pierre sèche comme lieux d’atterrissage ou de repos : certaines privilégient notamment des cavités davantage adaptées à leur besoin de suspension. La soirée s’est terminée par une observation nocturne : nous avons repéré quelques chauves-souris grâce à une caméra thermique, tandis qu’un détecteur à ultrasons a permis de rendre audibles leurs émissions ultrasonores habituellement imperceptibles à l’oreille humaine. Une chance et une découverte incroyable pour les novices en la matière !


Texte rédigé par Anaïs Leroux, ancienne secrétaire générale de Volubilis. Merci à elle !
